RD Congo: la violence domine la présidentielle: Source: Le Figaro

Les affrontements meurtriers entre les partisans du président Kabila et de son opposant Tshisekedi font craindre le pire.

Dans les immenses banlieues pauvres de Kinshasa, une foule dense s’était massée, samedi matin, au bord des routes. Une foule de petites gens, vivant d’expédients ou de rien, agglutinée pour voir leur champion, Étienne Tshisekedi, candidat à l’élection présidentielle à un tour qui doit se tenir ce lundi.

Mais ils ne verront personne. Dans cette ville où la tension est de plus en plus grande, les affrontements ont vite éclaté, entre militants des différents partis, à coups de pierres ou de pieds. La police et l’armée, largement débordées, sont intervenues, tapant ou ouvrant le feu, de préférence sur les supporteurs de l’opposition. Selon des sources diplomatiques, les affrontements auraient fait au moins 6 morts et 17 blessés.

En réponse, le gouverneur de Kinshasa a interdit tous les rassemblements au nom de «l’ordre public ». Joseph Kabila, président sortant et favori autoproclamé, a annulé son meeting. Malgré ce geste, la ficelle a été jugée un peu grosse.

La mission d’observation de l’Union européenne a dénoncé la gestion «désorganisée» de cette fin de campagne par l’État. «Le gagnant de cette mesure est bien le clan Kabila. Tshisekedi comptait sur un rassemblement dans une ville qui lui semble acquise, pour faire une démonstration de force», explique un membre d’une ONG d’analyse politique.

Avant le meeting prévu, le convoi d’Étienne Tshisekedi, qui devait traverser la cité en ébullition a été bloqué près de neuf heures à l’aéroport par les brigades anti-émeutes.

Campé sur son Hummer rouge, le leader, âgé de 78 ans, n’en a pas moins lancé ses harangues. L’homme qui se dit «déjà désigné par le peuple comme président», a une fois encore dénoncé Kabila comme un «président étranger», un «Rwandais» et a appelé les siens à descendre dans les rues. Une incitation à la violence que Tshisekedi récuse. «J’appelle ça de la légitime défense contre une dictature», explique-t-il.

Totale inorganisation

Il devait finalement être raccompagné de force chez lui par la police et ses gardes du corps violemment battus par les forces de l’ordre. L’Europe a dénoncé «une grave entrave à la liberté de campagne». Dimanche, le vieil opposant n’avait pourtant rien perdu de sa hargne.

Au contraire. Dans sa ville, il a par avance accusé le pouvoir «de fraudes électorales», laissant entendre qu’il n’était pas prêt dans ces conditions à reconnaître une éventuelle défaite.

À vingt-quatre heures du vote, les ambassades s’inquiètent, désormais ouvertement, de ces deux stratégies du pire qui s’affrontent, de la violence qui monte, de l’impréparation générale. L’organisation du scrutin qui s’annonce calamiteuse ne devrait pas calmer les esprits. Selon plusieurs sources, nombre des 63.000 bureaux de vote n’auront pas le matériel à temps, ni sans doute le personnel requis.

Difficile de mettre en cause le manque de moyens. Officiellement, ces élections ont coûté pas moins de 600 millions de dollars. Pour tenter de faire baisser la tension, plusieurs ambassadeurs ont engagé ce week-end des démarches auprès des candidats et de la Commission électorale, en charge de la préparation des scrutins.

«La communauté internationale se réveille, mais il est bien tard. Elle finance 30 % du processus et aurait pu émettre des critiques bien avant. Si tout cela est désastreux, elle se rend compte qu’elle portera une partie de la responsabilité de cet échec», analyse un observateur.

Source: Le Figaro

via Observatório Segurança Humana.

via Observatório Segurança Humana.

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